MATHÉMATIQUES & ARTS
Exposition itinérante & Lectures
Présentée initialement à l' Institut Henri Poincaré, Paris
22 Janvier – 30 Juin, 2005
 
 
bonneuil

Bonneuil

sur

Marne

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IUFM Bonneuil, Bonneuil sur Marne, 4 - 16 Janvier 2006
 
  • AIDE A LA SCENOGRAPHIE
Introduction a l'exposition par Claude Bruter
 
Fiche 1

La création de l’univers mathématique a été réalisée à partir de la représentation symbolique de quelques propriétés du monde physique particulièrement pertinentes et stables. C’est à partir de ces données que les mathématiciens ont développé ensuite leur théorie sans avoir forcément le besoin d’en référer au monde physique originel.

La mathématique peut donc être considérée comme une physique abstraite, ce qui explique son emploi avec succès en physique théorique.

L’univers mathématique se compose de diverses galaxies ou sociétés, appelées parfois théories, qui interagissent les unes avec les autres : elles prennent appui les unes sur les autres pour mieux se développer.

On rencontrera dans cette exposition des illustrations et des objets appartenant principalement au monde de la géométrie, ce terme étant pris dans un sens large.

[La géométrie se consacre à l’étude des formes des objets, à celle de leur genèse, d’où son intérêt en physique.

L’intérêt est d’autant plus grand que les physiciens représentent souvent des propriétés des objets par des formes : par exemple on peut représenter le poids d’un objet par un rectangle de dimension adaptée.

Fiche 2

Un thème étudié en géométrie, et qui trouve en partie son origine dans les travaux des cristallographes, est celui de la manière dont on peut remplir l’espace par des domaines aux formes précises appelés carrelages, pavés (ou souvent tuiles par les anglo-saxons).

Ce thème est illustré ici par des oeuvres de David Austin & Bill Casselman, Patrice Jeener, Michael Field, Mylène Poenaru, et Richard Wright.

Fiche 3
Le support géométrique de la théorie de la relativité est la géométrie dite hyperbolique, celle qui est présente sur cette sorte de vase parfait qu’est la surface d’un hyperboloïde de révolution à deux nappes. La projection stéréographique de cet objet conduit à une représentation plane appelée le plan hyperbolique de Klein. On peut réaliser différents pavages de ce plan : Irène Rousseau nous montre un tel pavage tapissé de diverses mosaïques.
Fiche 4
Un autre thème d’un grand intérêt en physique est celui qui porte le nom générique de surfaces minimales, comme celles par exemple associées aux bulles de savon et aux mousses : des oeuvres de Jean Constant, Patrice Jeener et John Sullivan illustrent ce thème.
Fiche 5
Proches des transformations qui adviennent en embryologie, sont celles qui se produisent au cours du retournement de la sphère (la sphère est un objet creux, on la « retourne » sans la déchirer de sorte que la face intérieure devienne la face extérieure, et vice-versa). Ce retournement est illustré ici par une oeuvres de John Sullivan, et par des oeuvres de François Apéry et Patrice Jeener qui représentent un objet intermédiaire au cours de ce retournement appelé la surface de Boy.
Fiche 6

Au premier-second siècle de notre ère, le géographe astronome et mathématicien Ptolémé a donné un procédé pour établir des cartes de géographie, où les angles entre directions sur la terre sont parfaitement reproduits. Ce procédé est appelé la projection stéréographique : une source lumineuse étant placée au pôle nord par exemple, l’ombre de toute partie de l’hémisphère nord sur un plan passant par l’équateur est la projection stéréographique de cette partie. On emploie cette projection non seulement pour tracer des cartes, mais aussi pour représenter sur des espaces de dimensions plus faibles des objets, comme des sphères ou des bouées (tores), situés dans des espaces de dimensions élevées.

Les tores en particulier peuvent être les supports de trajectoires représentant des mouvements périodiques comme ceux des pendules. Un certain mode de leur assemblage permet aussi de reconstituer des sphères.

Tous ces thèmes sont ici illustrés par les oeuvres que Thomas Banchoff a réalisées avec l’aide de David Cervone.

Fiche 7
A l’aide par exemple de procédures récurrentes, on parvient à fabriquer des objets présentant des propriétés d’auto-similarité : à des échelles très différentes d’observation de ces objets, on observe la présence des mêmes formes, un phénomène très présent dans la nature On atteint le royaume du fractal, illustré ici par des oeuvres de Nat Friedman et de Jean-François Colonna.
Fiche 8
L’étude des mouvements des fluides, les façons dont se propagent les vagues, les ondes diverses, ont fait l’objet de nombreux travaux de la part des physiciens et des mathématiciens. Il arrive que certaines vagues se croisent sans se détruire, on les appelle des ondes solitaires ou solitons. Leur représentation mathématique conduit à des surfaces peu communes, illustrées notamment dans plusieurs tableaux du peintre Jean Constant.
Fiche 9
Les courbes ou bien des surfaces, de nombreuses formes d’objets, peuvent se représenter à l’aide d’équations, et être en particulier obtenues par la résolution d’équations polynômiales p(x) = 0 (trouver x) : on les appelle alors des courbes et des surfaces algébriques. Développant un algorithme de résolution, Bahman Kalantari a été amené à colorier certains domaines d’approximation des solutions ; il en résulte des créations artistiques inattendues qu’on peut voir en relief à travers des lunettes polarisantes.
Fiche 10

D’autres objets algébriques peuvent être matérialisés par des sculptures : c’est le cas des mobiles coniques de Philippe Charbonneau, des polyèdres de George Hart.

On est peu informé sur le degré de familiarité des Anciens avec les objets de la nature ayant des formes polyédriques, alors qu’on les rencontre bien sûr dans la neige, dans les cristaux comme ceux du béryl ou quartz et qui auraient pu être montés en bijoux, comme ceux de pyrite, fréquents dans cette Sicile où Pythagore exerça. Le catalogue de pierres donné traité par Pline dans son Histoire naturelle, serait inspiré d’une oeuvre de Xénocrate, le successeur de Platon à l’Académie. Les travaux de l’école grecque en matière de polyèdres aurait donc bien une part de leur motivation dans la description de la réalité physique.

On rencontre également les polyèdres dans le règne animal : les squelettes des radiolaires ont des formes polyédriques typiques, tout comme les cellules constituant les rayons de miel. Les formes polyédriques sont aussi présentes dans le règne végétal, par exemple dans les pépins de la grenade, un fait que Pline avait déjà relevé, on les trouve aussi dans les bourgeons de fleurs comme par exemple chez pyracantha, le buisson ardent.

De telles formes traduisent l’équilibre des forces internes en présence, les centre des polyèdres étant situé au voisinage des points d’équilibre de ces forces. Ces équilibre assurent la remarquable stabilité des polyèdres.

Leurs formes exemplaires, par leur simplicité et leur signification, ont toujours inspiré mathématiciens et artistes.

Fiche 11
Sans rien connaître aux mathématiques, le sculpteur John Robinson a créé des pièces dont la forme, celle par exemple d’un ruban de Möbius ou bien du noeud de trèfle, était souvent familière aux mathématiciens. De nombreuses universités de langue anglaise ont fait appel à ce sculpteur pour embellir leurs sites.
Fiche 12
La représentation par projection stéréographique reste un outil encore largement employé (voir la fiche 6). Vers la fin du XVIIIe siècle, le mathématicien Gaspard Monge a développé une nouvelle technique de représentation des formes dans l’espace usuel. Elle fait appel à deux projections de la forme, l’une dans un plan horizontal, l’autre dans le plan vertical. Par ce moyen, et utilisant les propriétés de la perspective linéaire, on peut représenter de manière très précise les intersections de formes, par exemple celle d’un cylindre et d’un tore ou d’une sphère. Cette représentation porte le nom d’ « épure », et la théorie est celle de la « géométrie descriptive ». L’arrivée des ordinateurs a rendu caduque l’emploi de cette technique. Enseignée autrefois, elle a permettait la réalisation de très beaux dessins, tels que ceux réalisés par Boris Assancheyev.
Fiche 13
En développant la théorie mathématique de la perspective, les artistes de la Renaissance ont assis leur art sur une théorie scientifique. Cette théorie n’est bien adaptée qu’à la représentation sur des surface planes du spectacle qui se présente face au peintre. La technique a été quelque peu étendue par le peintre Dick Termès : il peint sur des sphères son environnement complet, aussi bien ce qui lui fait face, que ce qui est derrière, dessus, dessous, sur les côtés. Comment s’y prend-il, et quels sont les liens de sa technique avec la géométrie moderne ?
 
L' exposition itinérante Mathematiques et Arts a été réalisée avec le soutien de:
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